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Histoire du calendrier

Notre calendrier, le calendrier grégorien, doit son nom au pape Grégoire XIII qui en fit établir les règles au XVIe siècle. Il s'agissait d'améliorer un calendrier beaucoup plus ancien, le calendrier julien, dont le nom évoque sa création par Jules César 16 siècles plus tôt. Ce calendrier était lui-même issu de calendriers encore plus anciens, qui remonteraient à la fondation de Rome ! La suite de cette page est un résumé de cette longue histoire dont quelques étapes sont détaillées par ailleurs.

Le calendrier de Numa Pompilius (les calendriers romains primitifs)

Le calendrier de Numa Pompilius remplaçait lui-même un calendrier plus ancien, de 10 mois et de 304 jours, que l'on devrait à Romulus lui-même, le mythique fondateur de Rome et, pendant longtemps (on en trouve des traces après la réforme grégorienne en 1582), les années furent comptées à partir de la fondation de Rome - on parle d'années AUC, pour Ab Urbe Condita ou Anno Urbis Conditae - située en 753 av. J-C. Ce nouveau calendrier comportait d'abord 354 puis 355 jours auxquels étaient ajoutés des mois de 22 et de 23 jours, que l'on appelle intercalations. Ce calendrier suivait très imparfaitement le rythme solaire et, pour accorder le calendrier et les saisons, l'écart était corrigé par la suppression d'un mois intercalaire de temps en temps. Cette tâche était confiée à des autorités religieuses, les pontifes, qui s'avérèrent incapables de s'en acquitter, par incompétence ou intérêt, et il n'y eu bientôt que peu de rapports entre l'année civile et l'année solaire.

La plupart d'entre eux, par haine ou par faveur, pour que telle magistrature finisse plus tôt ou dure plus longtemps, ou que les adjudicaires publics gagnent ou perdent selon la durée de l'an, intercalant plus ou moins selon leurs souhaits, détériorèrent encore plus ce qu'on leur avait confié pour le corriger - Censorin

Il était temps de réformer le calendrier, ce qu'entreprit Jules César avec l'aide d'un astronome d'Alexandrie, Sosigène.

Le calendrier julien (la réforme julienne)

Dans ce calendrier, la durée « normale » d'une année est fixée à 365 jours et se rapproche de la durée d'une année solaire ; l'intercalation est réduite à un jour tous les 4 ans, aboutissant à un cycle quadriennal de 1461 jours (3 années de 365 jours et 1 année de 366 jours). La durée moyenne de l'année est de 365 jours 1/4, proche de sa durée réelle.
Ces dispositions avaient l'avantage de supprimer l'intervention - et les erreurs - des pontifes. Par analogie avec l'ancien calendrier romain, où des mois entiers étaient ajoutés entre le 23 et le 24 février, le jour supplémentaire était introduit par doublement du « 6e jour avant les calendes de mars », et le jour supplémentaire devient « bis-sextus calendas martias », qui a donné le terme bissextile.

Chronologie julienne

Jules César Selon Emile Biémont, dans son ouvrage Rythmes du temps, Edition DeBoeck, l'année 707 de la fondation de Rome fut la dernière année du calendrier de Numa Pompilius et compta 378 jours.
L'année 708 AUC (46 av. J-C) fut une année de 365 jours, comportant les mois du calendrier de Numa Pompilius, auxquels furent ajoutés 2 mois intercalaires de 33 et 34 jours permettant de ramener le début de l'année à une date proche de solstice d'hiver. D'autres auteurs parlent d'une année de 443 ou 445 jours pour l'année 46 av. J-C (appelée pour cette raison « année de confusion »).
L'année suivante fut la première année julienne (années comptant 365 ou 366 jours) et elle commença le 1er janvier 709 AUC (45 av. J-C). Avec le recalage du calendrier sur les saisons, l'équinoxe de printemps se retrouva au 25 mars, ce qui va avoir une certaine importance dans la suite de l'histoire.

Jules César fut assassiné l'année suivante et le septième mois de l'année porta bientôt son nom (d'où est tiré notre mois de juillet).
La règle des années bissextiles fut tout d'abord mal appliquée : on comptait une année bissextile sur trois au lieu d'une tous les quatre ans. En 36 ans, on compta ainsi 12 jours bissextiles au lieu de 9. La méthode correcte fut imposée plus tard par l'empereur Auguste qui décida de renoncer à compter les jours intercalaires pendant les 12 années suivantes pour compenser l'erreur. Pour honorer cet empereur (le premier empereur romain), et pas forcément pour son action sur la justesse du calendrier, on donna son nom au huitième mois de l'année, que nous avons transformé en août.

Nous n'avons pas de certitudes quant à la première année bissextile dans le calendrier julien originel ainsi que sur les dates exactes des corrections apportées par Auguste. Dans ces conditions, bien malin qui pourra reconstituer à coup sûr la chronologie des premières années du calendrier julien.

Quoiqu'il en soit, c'est après cette correction que le calendrier julien prit sa forme définitive, la succession des 12 mois dont nous utilisons encore le nom et dont le nombre de jours n'a plus bougé (à dire vrai, certains mois ont encore été rebaptisés, mais sans succès).

La réforme grégorienne

La suite de l'histoire se passe toujours à Rome, avec des acteurs n'appartenant plus à l'Empire romain mais à l'Église chrétienne. C'est en effet dans cette ville que s'installa le premier pape, Pierre - celui-là même qui renia Jésus trois fois avant le chant du coq - et où sont encore installés ses successeurs. L'Église chrétienne adopta naturellement le calendrier julien.

Pour cette nouvelle Église, il était important de célébrer son événement fondateur, c'est-à-dire la résurrection du Christ, qui était (et est toujours) lié à l'équinoxe de printemps, le 25 mars donc. Mais le calendrier julien souffre d'un manque de précision : la durée de l'année julienne est trop longue d'un peu plus de 11 minutes (365,25 jours au lieu de 365,2422) et au fil du temps, le calendrier finit par retarder de plusieurs jours. En 325 apr. J-C, au concile de Nicée, dont un des buts était de fixer la date de Pâques, on constata que l'équinoxe de printemps était avancé au 21 mars. L'erreur fut attribuée aux fondateurs du calendrier julien et la règle de calcul de la date de Pâques fut basée sur cette date.

Le temps reprit son cours et naturellement le calendrier continua à se décaler par rapport aux saisons, jusqu'à accumuler un retard de 10 jours au XVIe siècle, et que le pape Grégoire XIII complète une réforme du bréviaire par une réforme du calendrier.
Ce sont des considérations religieuses qui inspirèrent les nouvelles règles, aussi le calendrier ne fut pas recalé sur la date de l'équinoxe telle qu'elle était située au début du calendrier julien (25 mars), mais sur celle de l'année 325 (21 mars).
Pour cela, 10 jours furent supprimés de l'année 1582, où le 4 octobre fut immédiatement suivi par le 15 octobre [1]. Pour éviter de nouvelles dérives, la sur évaluation de l'année julienne fut corrigée par la suppression de 3 jours tous les 400 ans, en ignorant la règle des années bissextiles les années séculaires, sauf celles qui sont divisibles par 400 (1600 et 2000 sont des années bissextiles, 1700, 1800, 1900 et 2100 ne le sont pas).
Il y a donc 97 années bissextiles par période de 400 ans et la durée moyenne d'une année grégorienne est 365 + 97/100, c'est-à-dire 365,2425 jours. Cette durée est encore trop longue, mais à ce niveau de précision, personne n'a cru bon de l'améliorer.

Le décalage entre les calendriers julien et grégorien, qui était de 10 en 1582, s'est accru de 1 jours toutes les années séculaires non bissextiles. Il est de 13 jours depuis le 1er mars 1900 grégorien et jusqu'au 28 février 2100 grégorien.

Adoption de la réforme

Dates données sous toute réserve
Pays Dernier jour du
calendrier julien
1er jour du
calendrier grégorien
Italie, Espagne, Portugal et Pologne 4 octobre 1582 15 octobre 1582
France (sauf Alsace et Lorraine) 9 décembre 1582 20 décembre 1582
Luxembourg 14 décembre 1582 25 décembre 1582
Belgique (alors province des Pays-Bas) 21 décembre 1582 1 janvier 1583
Valais Suisse 28 février 1655 11 mars 1655
Alsace 4 février 1682 16 février 1682
Zurich, Berne, Bâle et Genève 31 décembre 1700 12 janvier 1701
Angleterre 2 septembre 1752 14 septembre 1752
Lorraine 16 février 1760 28 février 1760
U.R.S.S (Russie) 31 janvier 1917 14 février 1917
Canada France ou Angleterre … … selon provinces
Autres Voir Calendar FAQ… …Clauss Tøndering

[1] Saint Thérèse d'Avilla étant décédée cette nuit là, on peut dire ironiquement qu'elle est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre.